
Sa’ud ibn ‘Abd al-‘Aziz [1748-1814], dirigeant du Premier Etat saoudien, a dit :
« Quant à ce que tu as mentionné au sujet des Deux Nobles Sanctuaires [La Mecque et Médine], louange à Allah pour Sa grâce et Sa générosité, de nombreuses louanges comme il convient de Le louer, et que Sa majesté soit exaltée : Puisque les habitants des Deux Sanctuaires refusaient l’Islam, s’abstenaient de se soumettre au commandement d’Allah et de Son Messager, et persistaient dans le Shirk, l’égarement et la corruption – tout comme ce dans quoi tu te trouves toi-même aujourd’hui -, le Jihad nous est alors devenu obligatoire, par la grâce d’Allah, afin d’éliminer cela du sanctuaire d’Allah et du sanctuaire de Son Messager ﷺ, sans pour autant profaner leur caractère sacré. »
[ad-Durar as-Saniyyah, 9/285]
وما ذكرت من جهة الحرمين الشريفين، الحمد لله على فضله وكرمه، حمدا كثيرا كما ينبغي أن يحمد، وعز جلاله، لما كان أهل الحرمين آبين عن الإسلام، وممتنعين عن الانقياد لأمر الله ورسوله، ومقيمين على مثل ما أنت عليه اليوم من الشرك والضلال والفساد، وجب علينا الجهاد بحمد الله فيما يزيل ذلك عن حرم الله وحرم رسوله صلى الله عليه وسلم من غير استحلال لحرمتهما.
Décryptage Qays al-Hanbali :
Nous avons en premier “l’évidence” et l’habitude wahhabi, à savoir le Takfir des villes saintes. Sa’ud affirme sans trembler que les habitants de La Mecque et de Médine [qui comprenaient des savants, juristes, descendants du Prophète ﷺ et pieux adorateurs de l’époque] « refusaient l’Islam ». C’est une déclaration d’apostasie collective contre le cœur battant du monde musulman.
La proclamation et la légitimation du “jihad” contre eux, pour rappel, un jihad dans le fiqh islamique est une guerre contre des non-musulmans, pas intra-musulmans.
Nous avon également un autre takfir au passage, celui de son interlocuteur à travers le propos : “tout comme ce dans quoi tu te trouves toi-même aujourd’hui”, lui signifiant que son tour pourrait bien venir.
Et enfin, le texte se termine par l’affirmation qu’ils ont mené ce “Jihad” “sans pour autant profaner leur caractère sacré”. C’est une réécriture de l’histoire puisque les chroniques historiques de l’époque [même celles de leurs partisans] rapportent les massacres à Ta’if, le siège de la Mecque, et la destruction systématique du patrimoine islamique, des tombes des Compagnons et de la famille du Prophète ﷺ. Ils prétendent avoir respecté la sacralité des lieux tout en y versant le sang de ceux qui y priaient…