
Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab nous informe que les autorités savantes Hanbalis de son époque ne connaissaient rien à l’Islam et au Tawhid, et il fait le takfir explicite et nomme ces savants du “polythéisme” :
” Quant à Ibn ‘Abd al-Latif, Ibn ‘Afaliq et Ibn Mutlaq, leurs écrits est rempli de propos vils ; je veux dire par là que l’on y trouve des insultes envers le Monothéisme [Tawhid] et la légitimation de faire couler le sang de celui qui y croit [au Tawhid] ou qui renie le polythéisme [Shirk].
Mais tu connais Ibn Fayruz, il est pourtant celui d’entre eux qui est le plus proche de l’Islam ! C’est un homme issu des Hanbalis, qui se réclame spécifiquement des paroles du Shaykh [Ibn Taymiyya] et d’Ibn al-Qayyim. Or, malgré cela, il a rédigé un ouvrage qu’il nous a envoyé, dans lequel il a décrété que : “ce qui se pratique près de la tombe de Yussouf [le Prophète Joseph] et de ses semblables est la religion authentique”, et il a utilisé comme argument dans son ouvrage les vers d’An-Nabigha : Ô tombe du Prophète et de ses deux compagnons… Ô quelle calamité pour nous si vous saviez [notre situation]… »
[ad-Durar as-Saniyyah, 10/78]
فأما ابن عبد اللطيف، وابن عفالق، وابن مطلق، فحشو بالزبيل أعني: سبابة التوحيد، واستحلال دم من صدق به، أو أنكر الشرك؛ ولكن تعرف ابن فيروز، أنه أقربهم إلى الإسلام، وهو رجل من الحنابلة، وينتحل كلام الشيخ وابن القيم خاصة، ومع هذا صنف مصنفا أرسله إلينا، قرر فيه: أن هذا الذي يفعل عند قبر يوسف وأمثاله، هو الدين الصحيح، واستدل في تصنيفه بقول النابغة:
أيا قبر النبي وصاحبيه … ووامصيبتنا لو تعلمونا
Dans une autre de ses lettres, il dit :
“Bien au contraire, l’expression est claire et explicite concernant le Takfir de personnes telles qu’Ibn Fayruz, Salih ibn ‘Abdullah et leurs semblables, d’une mécréance évidente qui exclut de la religion, à plus forte raison pour d’autres qu’eux.”
[ad-Durar as-Saniyyah, 10/63]
بل العبارة صريحة واضحة، في تكفيره مثل ابن فيروز، وصالح بن عبد الله، وأمثالهما، كفرا ظاهرا ينقل عن الملة، فضلا عن غيرهما
Lorsque Ahmad ibn ‘Abd al-Karim [qui est un savant hanbali du Najd] s’est opposé à Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab, celui-ci lui a dit :
« De plus, tes mauvaises fréquentations t’ont égaré, comme à leur habitude. Et toi – qu’Allah nous en préserve – tu descends degré par degré. La première fois, c’était le doute, [le fait de rester dans] le pays du polythéisme [il parle de la péninsule Arabique, pas de la Finlande] et leur alliance, le fait de prier derrière eux, et ton désaveu des musulmans par complaisance envers eux. Puis, après cela, tu es tombé sur Ibn Ghannam et d’autres, tu t’es désavoué de la religion d’Abraham, et tu les as pris à témoin contre toi-même que tu suivais les polythéistes, sans aucune contrainte, mais [seulement] par peur et par compromission. »
[ad-Durar as-Saniyyah, 10/64]
وأيضا قرناء السوء، أضلوك كما هي عادتهم.
وأنت – والعياذ بالله – تنْزل درجة درجة، أول مرة في الشك، وبلد الشرك وموالاتهم، والصلاة خلفهم، وبراءتك من المسلمين مداهنة لهم، ثم بعد ذلك طحت على ابن غنام وغيره، وتبرأت من ملة إبراهيم، وأشهدتهم على نفسك باتباع المشركين، من غير إكراه، لكن خوفا ومداراة.
Décryptage Qays al-Hanbali :
Si l’on met bout à bout ces trois textes, on touche au paradoxe le plus vertigineux et le plus autodestructeur de la da’wa wahhabi, à savoir l’amnésie collective de la Ummah.
Car si l’élite savante des musulmans de son époque est païenne, que reste-t-il des musulmans lambdas ? Puisque Ibn ‘Abd al-Wahhab [et même ses suiveurs après lui], affirme que des savants comme Ibn Fayruz, Ibn ‘Afaliq ou les juges hanbalis du Golfe – des hommes qui connaissaient le Qur’an par cœur, qui maîtrisaient la jurisprudence, qui enseignaient Ibn Taymiyya et qui passaient leurs vies en adoration – n’avaient absolument rien compris au fondement même de l’Islam, à savoir le Tawhid. Si les plus érudits de l’islam n’ont pas su distinguer le Tawhid du Shirk, comment le bédouin analphabète, le paysan égyptien ou le commerçant syrien auraient-ils pu le faire ? En excommuniant les savants de son époque, la da’wa Wahhabi condamne mécaniquement 99 % de la population musulmane de l’époque à l’apostasie.
L’un des fondements du dogme islamique est que le message coranique est clair, accessible et préservé. Or, la rhétorique de ces trois textes implique une absurdité majeure, celle que l’Islam serait devenu une énigme indéchiffrable, un code secret que l’immense majorité des savants de la planète aurait perdu pendant des siècles, jusqu’à ce qu’un prédicateur du désert du Najd le redécouvre au 18ème siècle… C’est la définition même de la dérive sectaire, à savoir affirmer que le monde entier baigne dans les ténèbres et que le salut exclusif réside dans un petit groupe géographiquement et intellectuellement isolé.
Enfin, en traitant les savants de leur époque de “suiveurs de polythéistes” ou de “complaisants”, les fondateurs du mouvement ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Si les générations de savants qui les ont précédés étaient des polythéistes, alors par qui l’Islam leur est-il parvenu ? Sans s’en rendre compte, ils instaurent une rupture totale, une “nouvelle Jahiliyya”, annulant un millénaire de tradition islamique ininterrompue.
Qu’Allah nous préserve de la voie des Khawarij !