Madhab Hanbali

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‘Abd Allah ibn ‘Abd ar-Rahman al-Jibrin considère que la majorité des musulmans qui prononcent la Shahada ne leur garantit pas la préservation de leurs biens et leur sang !

‘Abd Allah ibn ‘Abd ar-Rahman al-Jibrin [1933-2009], figure contemporaine de la Salafiyyah et qui membre de la “Commission Permanente des Recherches Islamiques et de la Délivrance des Fatwas” et membre du “Conseil des Grands Savants” d’Arabie Saoudite, a dit :

« En effet, les croyances de beaucoup de gens de la masse [al-ʿawam] dans ces siècles tardifs se sont corrompues. Ils ont grandi dans l’ignorance de la religion, de la signification des deux attestations de foi [Shahadatayn], et même des significations de la langue arabe tout entière. Dès lors, inévitablement, la majorité d’entre eux en est arrivée à ne plus comprendre le sens des deux attestations de foi, et ils tombent dans ce qui les contredit de manière explicite. Ils se contentent de simplement les prononcer, croyant que la récompense, les bonnes actions, ainsi que l’inviolabilité du sang et des biens, s’obtiennent en répétant ces lettres creuses, sans en connaître les sens ni agir selon ce qu’elles exigent. »

[Fatawa al-A’immah an-Najdiyyah, 1/58]


Commentaire Qays al-Hanbali : Ce court texte est extrêmement pertinent pour comprendre la théorisation du “Takfir de masse” et la justification juridique des combats menés par les primo-Wahhabis. Il aborde frontalement le statut des populations musulmanes lambdas en précisant que :

  • Il pose comme postulat que la majorité des musulmans de ces époques vivent dans une ignorance telle de l’Islam que leurs croyances sont totalement corrompues.

  • L’invalidité de l’attestation de foi verbale puisque la prononciation de la Shahada par la majorité des musulmans n’a aucune valeur car selon lui, ils l’annuleraient par leurs “actes polythéistes”, donc leurs mots ne sont plus que des « lettres creuses » dénuées de toute valeur.

  • Et surtout, la levée de “l’inviolabilité du sang et des biens” et c’est le point de bascule le plus grave du texte. Car dans le Fiqh traditionnel des 4 écoles, le simple fait de prononcer la Shahada garantit à un individu que sa vie et ses propriétés sont intouchables. En affirmant que les masses se trompent lourdement lorsqu’elles croient être protégées par cette prononciation, l’auteur implique l’inverse et donc leur sang et leurs biens ne sont plus sacrés.

C’est exactement cette rhétorique qui a fourni la couverture juridique et théologique permettant de déclarer la guerre aux autres tribus de la péninsule arabique ou aux régions voisines, justifiant ainsi le fait de verser leur sang et de s’emparer de leurs richesses en tant que butin de guerre, tout en refusant formellement de les excuser pour leur ignorance. Nous demandons à Allah de nous débarrasser de cette prédication putride et sanguinaire.


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