
Hamad ibn ‘Atiq [1812-1883] fut l’un des plus éminents et influents savants Wahhabi du second État saoudien, il a étudié directement auprès des descendants de Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab. Celui-ci a dit sur le statut de la Mecque et de ses habitants, ce qui suit :
« Le Shaykh Hamad ibn ‘Atiq a dit, dans sa réponse à celui qui a débattu avec lui concernant le jugement sur les habitants de La Mecque, et ce qui se dit sur la ville elle-même ? […]
En revanche, si le polythéisme est répandu, comme le fait d’invoquer la Ka’ba, le Maqam [d’Ibrahim] et le Hatim [Hijr Isma’il] ou d’invoquer les prophètes et les pieux ; et que se propagent les conséquences du polythéisme telles que : la fornication, l’usure, divers types d’injustices, le fait de rejeter les Sunnas derrière son dos, la propagation des innovations et des égarements ; et que la recherche de jugement se fait auprès de dirigeants injustes et des lieutenants des polythéistes ; et que l’appel se fait vers autre chose que le Qur’an et la Sunna ; et que cela devient notoire dans n’importe quelle contrée, alors quiconque possède la moindre science ne doutera pas que l’on doit statuer sur ces contrées qu’elles sont : des terres de mécréance et de polythéisme [bilad kufr wa shirk], particulièrement s’ils sont hostiles aux gens du Tawhid et s’efforcent d’éradiquer leur religion et de détruire les contrées de l’Islam. […]
Quant à la parole de celui qui dit : “Le polythéisme que vous avez mentionné provient uniquement des étrangers [ceux qui viennent du monde entier pour accomplir le pèlerinage] et non des habitants de la ville [La Mecque].”
Il lui est répondu premièrement : C’est soit de l’entêtement orgueilleux , soit une méconnaissance de la réalité. Il est en effet établi que les gens venus de l’extérieur ne font que suivre les habitants de ces contrées dans le fait d’invoquer la Ka’ba, le Maqam et le Hatim, comme l’entend tout auditeur et le sait tout monotheiste.
Il lui est répondu deuxièmement : Si cela est établi et devenu notoire, c’est suffisant pour clore la question. Et qui a fait une distinction à ce sujet ? Par Allah, c’est étonnant ! Si vous cachez votre monothéisme [Tawhid] dans leurs contrées, que vous n’êtes pas capables de déclarer ouvertement votre religion, et que vous accomplissez vos prières à voix basse parce que vous connaissez leur hostilité envers cette religion et leur haine pour quiconque s’y conforme, comment une personne douée de raison pourrait-elle avoir la moindre confusion ?
Dites-moi, si l’un d’entre vous disait à celui qui invoque la Ka’ba, le Maqam ou le Hatim, et qui invoque le Messager et les Compagnons : “Ô toi ! N’invoque aucun autre qu’Allah, sinon tu es un polythéiste”, pensez-vous qu’ils lui pardonneraient ou qu’ils comploteraient contre lui ? Que le contradicteur sache donc qu’il n’est pas sur le monothéisme d’Allah ! Par Allah, il n’a ni connu le Tawhid, ni véritablement concrétisé la religion du Messager ﷺ.
Imaginez un homme se tenant parmi eux et leur disant : “Remettez en question votre religion, détruisez les édifices construits sur les tombes, et il ne vous est pas permis d’invoquer un autre qu’Allah”. Pensez-vous qu’ils se contenteraient de lui faire subir ce que les Quraysh [les païens de la Mecque] ont fait subir à Muhammad ﷺ ? Non, par Allah ! Non, par Allah !
Et si cette contrée était une terre d’Islam [Dar al-Islam] pourquoi les appelleriez-vous alors à l’Islam, leur ordonneriez-vous de détruire les coupoles, et d’éviter le polythéisme et ses conséquences ? »
Il rajoute une dernière couche en comparant la Mecque préislamique et celle de son époque, en disant :
« Puis, le Shirk s’est propagé [à la Mecque, avant l’arrivée du Prophète ﷺ] parmi eux à cause de ‘Amr ibn Luhayy, et ils sont devenus polythéistes. La contrée est devenue une terre de polythéisme, bien qu’il restât avec eux certains éléments de la religion, comme le fait qu’ils accomplissaient le pèlerinage et faisaient l’aumône aux pèlerins et aux autres. […]
Bien au contraire, ce qui nous apparaît clairement, ainsi qu’à d’autres, c’est que le polythéisme pratiqué aujourd’hui est plus grave encore que ne l’était celui de l’époque préislamique.. »
[Fatawa al-A’immah an-Najdiyyah, 2/455-458]



